Depuis le 1er janvier 2026, toutes les copropriétés d’habitation collective construites avant 2013 doivent disposer d’un DPE collectif, quelle que soit leur taille. Ce diagnostic mesure la performance énergétique globale de l’immeuble. Il est valable 10 ans, voté en assemblée générale, financé par les charges communes et son coût oscille généralement entre 1 000 et 5 000 euros selon la taille de la copropriété. Si le résultat affiche une classe D, E, F ou G, le syndic doit également faire élaborer un Projet de Plan Pluriannuel de Travaux (PPPT) pour anticiper la rénovation énergétique de l’immeuble.
Sommaire
- 1 Qu’est-ce que le DPE collectif en copropriété ?
- 2 Le calendrier des obligations : qui est concerné et depuis quand ?
- 3 Comment se déroule la réalisation d’un DPE collectif ?
- 4 Combien coûte un DPE collectif ?
- 5 Durée de validité du DPE collectif
- 6 DPE collectif et PPPT : un duo indissociable
- 7 DPE collectif ou DPE individuel : quelles différences ?
- 8 Que risque une copropriété qui n’a pas de DPE collectif ?
- 9 Nos conseils pour anticiper le DPE collectif de votre immeuble
- 10 Foire aux questions sur le DPE collectif
- 10.1 Le DPE collectif remplace-t-il le DPE individuel lors d’une vente ?
- 10.2 Une copropriété neuve est-elle concernée par le DPE collectif ?
- 10.3 Que se passe-t-il si l’assemblée générale rejette le projet de DPE collectif ?
- 10.4 Un locataire peut-il demander à consulter le DPE collectif ?
- 10.5 Faut-il réaliser un audit énergétique en plus du DPE collectif ?
- 10.6 Qui paie le DPE collectif en cas de vente d’un lot pendant la procédure ?
- 10.7 Le syndic peut-il choisir le diagnostiqueur sans vote de l’AG ?
Qu’est-ce que le DPE collectif en copropriété ?
Le DPE collectif, ou diagnostic de performance énergétique à l’échelle du bâtiment, mesure la consommation énergétique globale d’un immeuble d’habitation collective. Contrairement au DPE individuel qui porte sur un logement précis, il photographie l’immeuble entier : son isolation thermique, ses équipements communs de chauffage et de production d’eau chaude, sa ventilation et l’ensemble des éléments qui pèsent sur la facture énergétique des occupants.
Ce diagnostic débouche sur deux étiquettes bien connues : une étiquette énergie, de A à G, qui classe la consommation en énergie primaire (exprimée en kWhep/m²/an), et une étiquette climat, également de A à G, qui mesure les émissions de gaz à effet de serre (en kgCO₂/m²/an). La note retenue pour l’immeuble correspond à la plus mauvaise des deux étiquettes, comme pour un DPE individuel.
À noter que le DPE collectif a la même valeur juridique qu’un DPE classique depuis le 1er juillet 2021 : il est opposable. Autrement dit, un copropriétaire ou un acquéreur peut s’en prévaloir en cas d’erreur manifeste et le diagnostiqueur engage sa responsabilité civile professionnelle.
Le calendrier des obligations : qui est concerné et depuis quand ?
Prévue par la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 et précisée par l’ordonnance du 29 juillet 2022, l’obligation de réaliser un DPE collectif s’est appliquée progressivement selon la taille de la copropriété. Depuis le 1er janvier 2026, elle concerne désormais toutes les copropriétés d’habitation collective, y compris les plus petites.
| Taille de la copropriété | DPE collectif obligatoire depuis |
|---|---|
| Plus de 200 lots | 1er janvier 2024 |
| Entre 51 et 200 lots | 1er janvier 2025 |
| 50 lots et moins | 1er janvier 2026 |
Une précision essentielle sur le périmètre : l’obligation vise uniquement les bâtiments d’habitation collective dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013. Les immeubles postérieurs, soumis à la réglementation thermique RT 2012 puis RE 2020, sont dispensés : leur performance énergétique est déjà garantie par les normes de construction en vigueur.
Nous vous recommandons de vérifier la date du permis de construire via le règlement de copropriété ou l’état descriptif de division. En cas de doute, le syndic peut interroger la mairie pour obtenir la fiche de renseignement d’urbanisme.
Comment se déroule la réalisation d’un DPE collectif ?
La procédure suit un enchaînement précis, piloté par le syndic. L’étape clé reste le vote en assemblée générale : sans décision collective, aucun diagnostiqueur ne peut intervenir et aucune dépense ne peut être engagée sur les charges communes.
1. L’inscription à l’ordre du jour de l’assemblée générale
Le syndic a l’obligation d’inscrire la question du DPE collectif à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale ordinaire. Il doit joindre à la convocation au moins deux devis d’entreprises certifiées, afin que les copropriétaires puissent comparer les offres en toute connaissance de cause.
2. Le vote à la majorité simple
Le vote se fait à la majorité simple de l’article 24 de la loi du 10 juillet 1965, c’est-à-dire la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance. Les abstentions ne comptent pas. Cette majorité souple limite les risques de blocage.
3. L’intervention du diagnostiqueur certifié
Seul un diagnostiqueur disposant d’une certification spécifique « DPE immeuble collectif » peut réaliser l’audit. Il examine les équipements communs (chaudière, VMC, isolation des parties communes), effectue des relevés sur les parties privatives représentatives (environ 10 à 15 % des logements selon la méthode conventionnelle) et exploite les factures énergétiques des trois dernières années quand elles sont disponibles.
4. La restitution et la conservation du rapport
Le rapport final est transmis au syndic puis présenté en assemblée générale suivante. Il est conservé par le syndic et doit être tenu à la disposition de chaque copropriétaire, mais aussi de tout candidat acquéreur ou locataire qui en ferait la demande.
Point de vigilance : en cas de changement de syndic, le DPE collectif fait partie des documents à transmettre obligatoirement dans l’archive du syndicat des copropriétaires. Nous vous conseillons de vérifier ce point lors de toute reprise de gestion.
Combien coûte un DPE collectif ?
Il n’existe pas de tarif réglementé : chaque diagnostiqueur fixe librement ses honoraires. Dans la pratique, plusieurs facteurs entrent en jeu : le nombre de lots, la surface totale, le nombre de bâtiments, l’année de construction, la complexité des équipements collectifs et l’accessibilité des logements à sonder.
| Taille de la copropriété | Fourchette de prix observée |
|---|---|
| Moins de 10 lots | 800 à 1 500 € |
| 10 à 50 lots | 1 500 à 3 000 € |
| 50 à 200 lots | 3 000 à 6 000 € |
| Plus de 200 lots | 6 000 à 10 000 € |
Le financement passe par les charges communes générales du syndicat, réparties entre les copropriétaires au prorata de leurs tantièmes. Un copropriétaire possédant deux lots sur dix contribuera donc deux fois plus qu’un propriétaire d’un seul lot équivalent, sauf disposition contraire du règlement de copropriété.
Prenons un exemple concret : pour une copropriété parisienne de 24 lots répartis sur 2 bâtiments, construite dans les années 1970, le devis moyen tourne autour de 2 400 €. Avec une répartition classique à parts égales entre les lots, chaque copropriétaire supporte environ 100 € de charge exceptionnelle.
Nous vous conseillons de demander au moins trois devis et de vérifier que chaque diagnostiqueur dispose bien de la certification « DPE immeuble collectif » (consultable en ligne sur l’annuaire officiel des diagnostiqueurs certifiés).
Durée de validité du DPE collectif
Le DPE collectif est valable 10 ans à compter de sa date de réalisation et non à partir de la date de présentation en assemblée générale. Un diagnostic réalisé en novembre 2025 et voté en AG en juin 2026 reste donc valable jusqu’en novembre 2035.
Une exception notable existe : si l’immeuble décroche une étiquette A, B ou C, aucun renouvellement n’est obligatoire tant que l’immeuble conserve cette classe énergétique après travaux ou modifications substantielles. En revanche, un DPE classé D, E, F ou G doit impérativement être renouvelé à l’issue des 10 ans.
Il convient également de refaire un DPE collectif avant ce délai dans trois situations : après des travaux de rénovation énergétique significatifs (changement de chaudière collective, isolation thermique par l’extérieur, remplacement complet des menuiseries), en cas de modification majeure des équipements communs, ou lorsque le syndicat souhaite déposer un dossier d’aide MaPrimeRénov’ Copropriétés.
DPE collectif et PPPT : un duo indissociable
Le DPE collectif ne vit pas en isolé. Il s’articule étroitement avec le Projet de Plan Pluriannuel de Travaux (PPPT), également instauré par la loi Climat et Résilience. Si le DPE collectif débouche sur une étiquette D, E, F ou G, le syndicat des copropriétaires doit obligatoirement faire élaborer un PPPT dans les 12 mois qui suivent.
Ce PPPT, prévu sur une période de 10 ans, identifie les travaux à mener pour préserver l’immeuble, améliorer sa performance énergétique et sécuriser la santé des occupants. Il chiffre chaque opération et propose un échéancier de réalisation. Une fois voté par l’assemblée générale, il devient le PPT (Plan Pluriannuel de Travaux), le document définitif qui engage la copropriété.
| Résultat du DPE collectif | Obligation PPPT ? |
|---|---|
| Étiquette A, B ou C | Non obligatoire (mais recommandé) |
| Étiquette D, E, F ou G | Obligatoire dans les 12 mois |
À noter que le PPPT est aussi un outil stratégique pour accéder aux aides publiques comme MaPrimeRénov’ Copropriétés, qui peut couvrir jusqu’à 45 % du montant des travaux de rénovation globale (avec un plafond variable selon la nature des opérations). Sans PPPT, impossible de monter un dossier solide auprès de l’Anah.
DPE collectif ou DPE individuel : quelles différences ?
Les deux diagnostics coexistent et répondent à des besoins différents. Le DPE individuel reste obligatoire lors de toute vente ou location d’un lot, même si l’immeuble dispose d’un DPE collectif récent. En revanche, pour un bâtiment doté d’un DPE collectif de moins de 10 ans, le diagnostiqueur peut s’appuyer sur ces données pour alléger le temps de visite du lot individuel, ce qui réduit mécaniquement le prix.
| Critère | DPE individuel | DPE collectif |
|---|---|---|
| Objet | Un logement précis | L’immeuble entier |
| Qui le demande ? | Vendeur ou bailleur du lot | Syndicat des copropriétaires |
| Validité | 10 ans | 10 ans |
| Opposable ? | Oui (depuis juillet 2021) | Oui |
| Prix moyen | 100 à 250 € | 1 500 à 6 000 € |
| Déclenche l’audit énergétique ? | Oui si F ou G (vente maison) | Non directement |
| Déclenche le PPPT ? | Non | Oui si D à G |
Sachez que la différence entre audit énergétique et DPE prête souvent à confusion. L’audit énergétique est un document plus poussé qui propose des scénarios chiffrés de rénovation, alors que le DPE se contente d’un état des lieux. Les deux outils sont complémentaires : le DPE collectif identifie le problème, le PPPT (qui s’appuie dessus) propose la solution.
Que risque une copropriété qui n’a pas de DPE collectif ?
La loi n’a pas prévu de sanction pénale directe à l’encontre des syndics ou des copropriétés qui n’auraient pas fait réaliser leur DPE collectif dans les délais. Mais l’absence de diagnostic expose la copropriété à plusieurs risques concrets, parfois lourds de conséquences.
Premier risque : la responsabilité civile du syndic. En tant que mandataire du syndicat, le syndic a une obligation d’information et de conseil. Un copropriétaire qui subirait un préjudice (impossibilité de vendre, perte d’une aide publique, dévalorisation du bien) pourrait engager sa responsabilité pour défaut d’exécution du mandat.
Deuxième risque : l’impossibilité d’obtenir des aides publiques. MaPrimeRénov’ Copropriétés et les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) collectifs exigent la présentation d’un DPE collectif récent et d’un PPPT. Sans ces documents, la copropriété s’interdit l’accès à des subventions qui peuvent couvrir plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Troisième risque : les complications lors des ventes. Depuis la loi Climat et Résilience, les notaires exigent souvent la production du DPE collectif en complément du DPE individuel du lot vendu. Son absence peut retarder la vente, voire pousser l’acquéreur à négocier une décote.
Attention au calendrier des interdictions de location : depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la location pour les nouveaux baux. Les classes F suivront en 2028, puis E en 2034. Un DPE collectif qui révèle un immeuble globalement passoire thermique doit déclencher une réflexion rapide sur les travaux à engager.
Nos conseils pour anticiper le DPE collectif de votre immeuble
Que vous soyez copropriétaire actif, membre du conseil syndical ou simple occupant soucieux de la valeur de votre patrimoine, plusieurs réflexes permettent d’aborder cette obligation avec sérénité.
Vérifiez d’abord dans les documents de la copropriété si un DPE collectif a déjà été réalisé par le passé. Certains immeubles disposent d’un DPE à l’échelle du bâtiment établi volontairement avant 2024, qui reste valable 10 ans. Il convient de contrôler sa date de réalisation et son contenu.
Demandez ensuite au syndic un point d’étape si le sujet n’a pas été évoqué en assemblée générale. Un syndic professionnel sérieux inscrit le DPE collectif à l’ordre du jour dès que la copropriété entre dans le périmètre d’obligation. Un silence prolongé est un signal d’alerte.
Enfin, mutualisez les démarches avec les copropriétés voisines si vous êtes dans un ensemble immobilier à plusieurs bâtiments. Faire intervenir le même diagnostiqueur sur plusieurs copropriétés permet souvent d’obtenir des tarifs négociés et de bénéficier d’une méthodologie homogène, utile si un projet de rénovation groupé est envisagé.
Foire aux questions sur le DPE collectif
Le DPE collectif remplace-t-il le DPE individuel lors d’une vente ?
Non. Le DPE individuel reste obligatoire pour toute vente ou location d’un lot, même si la copropriété dispose d’un DPE collectif à jour. Les deux documents sont complémentaires : le DPE collectif photographie l’immeuble entier, le DPE individuel détaille votre logement spécifique.
Une copropriété neuve est-elle concernée par le DPE collectif ?
Non. L’obligation vise uniquement les immeubles dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013. Les bâtiments plus récents, soumis à la RT 2012 ou à la RE 2020, bénéficient d’une dispense car leur performance énergétique est déjà encadrée par les normes de construction.
Que se passe-t-il si l’assemblée générale rejette le projet de DPE collectif ?
Le syndic doit remettre la question à l’ordre du jour de l’assemblée suivante. Un rejet répété engage la responsabilité des copropriétaires qui s’y opposent, dans la mesure où la loi impose la réalisation du diagnostic. En pratique, le vote à la majorité simple de l’article 24 facilite l’adoption.
Un locataire peut-il demander à consulter le DPE collectif ?
Oui. Depuis l’ordonnance de juillet 2022, le DPE collectif doit être tenu à disposition de tout locataire ou candidat locataire qui en fait la demande au syndic ou au bailleur. Cette transparence vise à mieux informer les occupants sur les charges énergétiques prévisibles.
Faut-il réaliser un audit énergétique en plus du DPE collectif ?
Pas automatiquement. L’audit énergétique n’est pas obligatoire pour les copropriétés au titre de la loi Climat et Résilience (contrairement aux ventes de maisons individuelles classées F ou G). En revanche, il est fortement recommandé pour construire le PPPT, qui chiffre les scénarios de travaux et pour monter un dossier MaPrimeRénov’ Copropriétés.
Qui paie le DPE collectif en cas de vente d’un lot pendant la procédure ?
Le DPE collectif est financé par les charges communes votées par l’assemblée. En cas de vente d’un lot pendant le processus, l’appel de fonds est dû par le copropriétaire inscrit au moment où le syndic émet l’appel de charges. Un acquéreur peut toutefois négocier dans le compromis une répartition différente avec le vendeur.
Le syndic peut-il choisir le diagnostiqueur sans vote de l’AG ?
Non. Le choix du prestataire doit être validé par l’assemblée générale, sur présentation d’au moins deux devis joints à la convocation. Un syndic qui engagerait la dépense sans décision collective s’exposerait à une mise en cause pour dépassement de ses pouvoirs.